Pourquoi le paysage de l’enseignement supérieur doit changer et pourquoi il faut éviter de diaboliser le changement

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Une véritable tempête médiatique s’est abattue ces dernières semaines sur l’avant-projet de décret déposé par le Ministre Jean-Claude Marcourt à propos de l’organisation de l’enseignement supérieur de la Communauté française de Belgique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le tir est groupé et bien orchestré. C’est d’ailleurs, au passage, une démonstration de force impressionnante qui, en soi, devrait nous inciter à nous méfier de la réaction.

Le 6 décembre 2012, cinq des six recteurs rédigent une carte blanche collective (que vous trouverez sur ce même espace de communication). Bien que l’événement soit tout sauf anodin, on la publie discrètement dans l’édition en ligne du Soir. Les choses sont ainsi que l’on s’intéresse davantage à la contestation, à l’invective, et que l’on entend à peine la majorité des recteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le concert de protestations qui s’élèvent depuis l’UCL et quatre Hautes Écoles du réseau confessionnel.

Car c’est bien là que réside le noyau de résistance à une nouvelle rationalité. Soyons très clairs : contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, il ne s’agit pas d’une « menace sur le monde catholique ». Sinon comment expliquer que les Facultés universitaires Saint-Louis ou celles de Notre-Dame de la Paix de Namur fassent partie des tenants du changement, ainsi que certaines Hautes Écoles confessionnelles ?

Le cœur du débat n’a rien à voir avec une quelconque opposition philosophique. Il résulte, plus prosaïquement de la volonté de l’UCL d’augmenter sa présence dans la capitale, même si cela doit se faire au détriment des FUSL (qui sont pourtant d’obédience catholique) et, en fin de compte, du contribuable. Car, à Bruxelles, une offre complète d’enseignements est déjà disponible et toute nouvelle avancée de l’UCL conduirait avant tout à une concurrence dispendieuse.

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